L'historique

Copyright Les Amis de la Citadelle de Namur asbl 2015

Rejoignez-nous sur FACEBOOK

Histoire d'une association (1980-2007)

 

Ce texte est extrait d’une part de l’éditorial de Vincent Bruch, paru dans la revue à l’occasion du 10e anniversaire de l’association et d’autre part des éditoriaux d’Alex Furnémont, parus dans la revue à l’occasion du 20e et 25e anniversaire de l’association.

 

En 1980, dans le salon du Centre de Rencontres des Facultés, se créait un groupe de plus ou moins 25 personnes désireuses de faire connaître notre Citadelle « URBI ET ORBI ». C’était en fait une émanation du «Comité Namurois 75 » une association qui se préoccupait déjà de l’animation du site. Dès le départ, l’association de fait des Amis de la Citadelle se fixait comme objectif la promotion et la défense du Patrimoine, laissant à une autre association, «le Comité Animation Citadelle» le soin de gérer le domaine fortifié. Notre groupement promulguait une charte qui reste aujourd’hui encore, plus que jamais d’actualité tout en affirmant sa totale indépendance sociale, culturelle, philosophique et politique. L’article 5 précisait que « les Amis mettent en œuvre par tous les moyens dont ils disposeront des manifestations culturelles, archéologiques et historique dans le but de promouvoir la Citadelle. » Dès 1980, c’est chose faite avec deux expositions qui connaîtront un franc succès. Elles ont pour thème « La Citadelle hier et aujourd’hui » et « Le siège de 1692», deux évocations de notre histoire namuroise à travers les textes, les documents et les illustrations. C’est la Chapelle Marie-Thérèse qui servira de décor à cette première exposition. La deuxième sera organisée avec le concours de « la Figurine de Jette » et le tout sera relaté dans un bulletin de liaison confectionné par le regretté A. Cherdon sous la direction éclairée de notre Président Fondateur Philippe Lebacq.

 

L’année 1981, restera dans les mémoires comme une année de réflexion sur le devenir de la Citadelle avec l’organisation au château de Namur d’une table ronde. Le même château devait aussi accueillir les Amis au cours d’une soirée dansante de gala. Une journée spéciale réservée à nos membres devait permettre la découverte du site prestigieux de la Citadelle à travers les animations existantes.

 

Avec 1982, l’association renoue avec la formule exposition en organisant «1692, Vauban assiège Namur» en collaboration avec la Figurine de Vedrin. La Caserne de Terra Nova accueille cette exposition qui utilise également de remarquables moyens audio-visuels. Un catalogue descriptif parachève la présentation. L’association compte alors près de 350 membres et décide de s’adresser aux plus jeunes par le truchement d’un challenge interscolaire. «Apprendre en s’amusant», tel était l’objectif fixé et plus d’une cinquantaine de jeunes de première rénové représentant les enseignements libre et officiel de Namur, déambuleront par petits groupes sur le site pour apporter les réponses qu’appréciera le jury sous la direction impartiale du regretté Isi Bodson qui donnera son nom au challenge.

 

Trois expositions seront organisées en 1983 à Terra Nova : « Louis XIV et son siècle » avec le concours de la Figurine de Vedrin et de Bruxelles, « Namur au XVIIe siècle », le tout relaté dans une plaquette mise à la disposition du public. Avec 450 membres, l’association décide de s’instituer en ASBL, rappelant officiellement dans ses statuts son objet, à savoir « une meilleure connaissance de Namur, de son environnement et de son caractère d’archéologie militaire, un souci permanent de leur conservation, entretien et restauration, l’action contre tout projet visant à dénaturer le caractère fondamental de la Citadelle et le soutien à toute activité projetant à la valoriser ». La même année, l’ASBL mettait sur pied une journée de sensibilisation et d’information sur le site en organisant son 2e challenge interscolaire. L’Assemblée générale des membres avait en plus à son programme une première conférence, une habitude qui se perpétue aujourd’hui encore.

 

1984, année importante avec une superbe exposition « La vie militaire à Namur sous Albert Ier » dans le cadre du 50e anniversaire de la mort du Roi chevalier et la parution d’un catalogue commentant l’exposition. Dans une autre salle de Terra Nova, l’ASBL reconduisait l’exposition consacrée à l’histoire du site sous le titre « 2000 ans d’histoire à la Citadelle». Notre association compte alors 600 membres et implante à Terra Nova le Musée International de la Résistance. Hors Citadelle, nous mettons sur pied un système de visites guidées afin de mieux faire connaître Namur et les environs: d’abord les lunettes hollandaises de 1815 puis le fort d’Emines. Le challenge scolaire en est à sa 3e édition.

 

Le succès évident de la visite du fort d’Emines amènera l’ASBL à la rééditer en 1985 et à poursuivre ce genre d’activité: les Amis découvriront ainsi le château Comtal et les forts construits par Vauban après le siège de 1692. Les trois expositions de l’année précédente sont reconduites et améliorées en la caserne de Terra Nova et nous organisons la quatrième édition du Challenge interscolaire. L’ASBL totalise alors 700 membres.

 

1986, c’est l’année « Franz Kegeljan » consacrée à ce peintre historien namurois qui nous a laissé de splendides toiles relatant notre histoire: 2.500 visiteurs parcourront une belle revue de toutes les oeuvres de l’artiste dans la grande salle de l’Institut Kegeljan aménagé pour la circonstance. Côté édition, c’est un nouveau départ avec la parution d’un livre en couleurs consacré à Franz Kegeljan et la transformation de notre bulletin en revue améliorée. Quatre visites sont organisées: le domaine fortifié de Terra de Nova, le Saint désert de la Marlagne, l’Abbaye de Floreffe et la promenade au pied de la Citadelle. Signalons encore la présence à Terra de Nova de notre exposition « 2000 ans d’histoire à la Citadelle» revue et améliorée, et la 5e édition du challenge interscolaire.

 

En 1987, nous commémorions le centième anniversaire de la construction des Forts de la Meuse par le Général Brialmont. Ce fut l’occasion d’éditer un deuxième livre. D’autres activités ont ponctué l’année comme le rallye barbecue portant sur l’histoire de la ville et de la Citadelle ou le concours de dissertation destiné aux étudiants du secondaire avec son thème « le devenir de la Citadelle », ou encore l’exposition concours de photographies sur le thème de la Citadelle, sans oublier le challenge, la conférence lors de l’assemblée générale et trois visites guidées (Fort de Malonne, Château des Comtes et la ligne Maginot).

 

Le musée archéologique nous a ouvert ses portes en 1988, permettant ainsi à l’ASBL de présenter au grand public une évocation de la construction des forts par le Général Brialmont. Près de 2000 visiteurs ont pu apprécier le travail qui mettait en valeur le génie de ce général, homologue belge des Vauban et Coehoorn. Quatre visites guidées ont aussi amené nos membres sur les sites des trois lunettes hollandaises et de la demi-lune de Terra Nova, sur le circuit des enceintes de la ville, au château de Montaigle et au fort de Loncin. Bien entendu, le challenge déjà rénové connut le succès escompté.

 

En 1989, nous remontons l’exposition Brialmont à la citadelle et proposons à nos membres quatre visites de qualité: Namur centre (Saint-Aubain, palais épiscopal, évêché), Lille avec ses plans en relief ainsi que Tournai, les sites de Montmedy et Avioth avec en prime un splendide son et lumière, et pour terminer la saison, une visite à Terra Nova. Nous remettions également au Comité Animation Citadelle un projet d’animation des grands souterrains. Signalons encore que le challenge rassembla davantage de participants que par le passé. Nous devions hélas déplorer le décès de notre Président et ami A. Cherdon à qui nous devons une bonne part de notre réussite.

 

1990 est marquée par la disparition d’un de nos administrateurs : Jean Baudhuin, un an après celle d’Arthur Cherdon. Homme d’histoire avant tout, d’écoute, de passion et d’écrits, il a marqué pendant dix ans notre association, où il était respecté et écouté par chacun. En quelques mois, ce sont deux personnalités marquantes des Amis de la Citadelle de Namur, disponibles et passionnées de notre action, qui nous quittent : que leur mémoire soit une fois encore ici ranimée : merci Arthur, merci Jean. Après dix années d’animation, de promotion et de protection du site, les Amis réactualisent leur charte de création en publiant dix ans après le Manifeste des Amis de la Citadelle pour la protection et la promotion du site, tout en insistant sur l’urgence d’un projet global d’animations. Deux autres événements marquent l’année en mars, la fonte, à Herstal, du tube du canon de Gribeauval et en juillet, la sortie de presse du livre de Philippe Bragard, intitulé « Le château des Comtes de Namur Autopsie d’une forteresse médiévale ». Une exposition autour de cette parution est organisée à la Générale de Banque, marquant ainsi le dixième anniversaire de notre association. Au chapitre des visites organisées, relevons celle à Liège (citadelle, église Saint-Jacques, Chartreuse, fort d’Embourg) ainsi que les visites plus proches de l’hospice Saint-Gilles (avec les services des fouilles de la Région wallonne), du fort d’Orange et des lunettes détachées, ainsi que celle du fort d’Emines.

 

1991 est à marquer d’une pierre blanche, avec le classement le 19 février par l’Exécutif de la Région wallonne du site de la Citadelle, près de quatorze années après l’introduction du dossier. Ce premier classement, qui ne concerne pas des bâtiments ou des parties de muraille ou de fortification en particulier, sera conforté en 1993 par la reprise du site de la Citadelle de Namur dans la première liste du patrimoine exceptionnel de la Wallonie. Néanmoins, classement ne veut pas dire sauvetage ou arrêt de la dégradation, comme en témoigne cet autre monument classé de notre citadelle : la lunette hollandaise de droite connue sous le nom de fort d’Orange. La priorité accordée par nos mandataires communaux et régionaux à cette Citadelle sans laquelle Namur ne serait pas ce qu’elle est, malgré des actions ponctuelles, a mis longtemps à se concrétiser, faute d’un projet global. Chapitre voyages : la trouée de l’Oise, célèbre couloir des invasions à travers les siècles, conduit les Amis à Philippeville et dans ses villages proches (Samart, Sautour, Roly et Fagnolle) pour se terminer à Rocroi et au château de Chimay. Une centaine de marcheurs vont à la découverte de quartiers insolites de Namur, avec la visite du clocher de St Jacques, du couvent des Célestines (non encore restauré), du Mont de Piété, de l’église Notre-Dame et de vieilles maisons récemment restaurées rue Ponty. Un autre dimanche, un barbecue rassemble nos membres sur le plateau des affûts au terme d’un rallye pédestre au départ de la porte de Bordial. Deux voyages extérieurs conduisent au second semestre les Amis à Maestricht (seule incursion chez nos voisins bataves) et à la position fortifiée d’Anvers (ainsi qu’au fort de Breendonck). Au printemps, vingt-cinq de nos membres procèdent au nettoyage du fort d’Orange : le résultat est saisissant, tout autant que la prise de conscience des dégâts occasionnés depuis l’abandon des salles réaménagées par les services clubs namurois au début des années septante. Enfin, la fin de l’année voit la sortie du dictionnaire militaire d’André Collard : livre précieux pour tout qui est passionné d’histoire et de linguistique militaire.

 

1992 est un grand cru. Pas seulement pour les Amis, mais aussi pour la ville de Namur, qui fête cette année le tricentenaire de la venue de Louis XIV sous ses murailles. Pierre Mauroy, maire de Lille, nous envoie le plan en relief de Larcher d’Aubancourt (1746) et vient faire une conférence au théâtre de la ville. Guy Delforge illumine et embaume la Citadelle avec ses Jardins de Médiane. Notre association veut également marquer l’événement avec la publication du livre 1692 Louis XIV à Namur, histoire d’un siège plus particulièrement destiné à nos jeunes lecteurs. Sa sortie est l’occasion d’une nouvelle exposition à la Générale de Banque, organisée conjointement avec la figurine de Vedrin, la figurine de Bruxelles, des collectionneurs privés et les Amis. Le bulletin n°58 (mars 1992) est totalement consacré au siège de 1692. Paul Delvaux, historien namurois, fait une conférence où il ne peut s’empêcher de rappeler que la ville devrait fêter une défaite de ses troupes et non une victoire. Sans oublier la réalisation par notre président Vincent Bruch d’une émission télévisée en cinq épisodes, sur Canal C, où interviennent et sont interviewés sur le site de la citadelle tous les protagonistes de cette bataille européenne opposant la France de Louis XIV et de Vauban aux armées de Guillaume III d’Orange, de Barbençon et de Coehoorn. Les Amis voyagent beaucoup aussi : les ruines du château de Franchimont à Theux et le fort de Tancrémont, à l’est de Liège, au printemps. La ville de Luxembourg et ses fortifications, l’église de Celles et les châteaux de Vêves et Lavaux-Sainte-Anne après les vacances. L’année voit se dérouler à nouveau le challenge interscolaire Isi Bodson (le 10e du nom), de même qu’un rallye pédestre sur les flancs de la Citadelle et dans les souterrains, agrémenté d’un barbecue. Enfin, première étape d’une longue route qui en comptera beaucoup encore : les Amis réceptionnent leur canon. Conçu sous la conduite de Christian Faque et d’Etienne Baudson, il doit sa réalisation à Marcel Guyaux de Wépion et aux élèves de l’Institut des Aumôniers du Travail de Charleroi. Les années se suivent mais ne se ressemblent pas.

 

1993 connaît une pause : le temps d’une réflexion sur l’avenir de la Citadelle. Après la publication de son Manifeste en 1990, notre association reste sur sa faim et regrette que tant de temps ait été gaspillé et que rien n’ai été entrepris plus tôt par l’autorité communale pour rassembler autour d’un même projet les acteurs de l’animation et de la promotion du site. Pourtant le début de l’année voit la publication de deux rapports : l’un édité par le Comité Animation Citadelle (C.A.C.), l’autre édité par la société de conseil O.G.M. (Organisation-Gestion-Marketing) commanditée par la ville. Le 11e challenge interscolaire Isi Bodson réunit onze équipes de 1re année du rénové sous la houlette de Marie-Cécile Mette et de Guy Theys. Un seul voyage est organisé vers les châteaux de Bouillon et Sedan. Les fêtes de Wallonie en septembre voient la première apparition en public du canon Gribeauval des Amis : sur la place Saint-Aubain, une foule étonnée mais intéressée assiste aux premiers drills, desservi par sept canonniers fiers de leur pièce : ainsi se réalise un vieux rêve de quelques anciens qui avaient imaginé faire tirer un canon à Namur, comme à Edimbourg, en Ecosse.

 

1994 est une année de continuité dans les objectifs poursuivis depuis déjà quinze ans. En temps de crise, quand les moyens financiers sont rares – et ils le sont – les idées et l’optimisme doivent suppléer. La présence des Amis sur le site se veut active, comme en témoignent les deux journées Citadelle-propre organisées en mars sous la houlette de Dominique François, dans le cadre d’une action menée par l’Echevinat de l’Environnement de la ville de Namur. Sur le plateau des Affûts de Terra Nova, où se trouve le local de notre association, une salle est aménagée pour accueillir une exposition consacrée à l’artillerie. Notre asbl voit la disparition en août de Jacques Sonveaux, administrateur, qui était un passionné de la citadelle qu’il sillonnait seul ou en guidant des groupes. A tous ceux qu’il rencontrait, il parlait de « sa » citadelle qu’il aimait, agrandissant ainsi le nombre de ceux qui la découvraient. A toi aussi, Jacques, nous te redisons merci. Pour nos membres est organisée une visite insolite du palais de justice et des caves Grafé-Lecocq sous la Cathédrale. Début mai, une première excursion conduit les Amis à Mons, Aubechies et Soignies. La fin août voit une seconde escapade à Gand (château des Comtes, cathédrale, abbaye St-Bavon, château de Laarne). Le challenge interscolaire en est à sa douzième édition. Alors que la ville fête en août le cinquantième anniversaire de sa libération, octobre vit à l’heure des élections communales : occasion pour les Amis d’interroger les partis politiques quant aux conclusions de l’étude O.G.M., à leur vision sur l’avenir de la citadelle au point de vue de sa sauvegarde et de son développement touristique et aux engagements qu’ils comptent prendre et défendre dans les années à venir. 1994 voit par ailleurs le Ministère de la Région wallonne s’implanter à la chapelle St-Pierre et à l’ancien Etat-Major, en vue d’y installer son service des fouilles pour la province de Namur. Enfin, un de nos membres, Roland Laloux, passionné d’histoire et de modélisme, réalise une maquette au 1/72e représentant le demi-bastion, côté Meuse, de l’ouvrage à cornes de Terra Nova : il s’agit de l’entrée primitive de la citadelle vers 1647. Cette reconstitution est exposée dans la salle des maquettes de la caserne de Terra Nova.

 

1995 : l’année du séisme. L’année du Botta, qui un an plus tard, sombrera corps et biens dans la Meuse, avec la citadelle de Namur comme toile de fonds. Les élus wallons voulaient un signal fort au Grognon, pour Namur et pour la région dont elle était devenue la capitale. Le comité chargé de primer trois projets parmi la vingtaine ayant participé au concours d’architecture ne se doutait pas combien le bateau amarré au pied de la citadelle allait faire des vagues. Mais cet endroit chargé de symboles a-t-il réellement besoin d’un symbole fort pour s’affirmer ? Si notre conseil d’administration dans sa majorité ne s’oppose nullement à une construction résolument novatrice et moderne, il rejette par contre tout projet mégalomane. Et de conclure : la logique et le respect du site exigent que l’on trouve un espace différent pour la construction du Parlement… en un endroit plus adéquat, plus proche des grands axes de communication. Le canon Gribeauval tonne à diverses reprises, en ville (commémoration Grouchy) et à la citadelle. Premières sorties extérieures : lors de la reconstitution de la bataille de Waterloo et à Wavre, dans le cadre de Brabant wallon en fête. Les sentiers de la Citadelle accueillent pour la 13e et dernière fois nos jeunes dans le cadre du challenge Isi Bodson, alors que les aînés redécouvrent l’architecture namuroise à travers les siècles, au long d’une promenade pédestre en ville. Point d’orgue : Givet, Hastière et Freyr ou la redécouverte d’un petit coin de la vallée mosane et de ses trésors architecturaux militaire, religieux et civil. C’est sur un mode très mineur que Namur fête le tricentenaire de la reprise de sa citadelle par les armées de Guillaume III d’Orange face au maréchal de Boufflers : notre association lui consacre toutefois une revue spéciale.

 

1996 : année Botta : suite et fin. La consultation populaire du 2 juin pour le choix entre quatre sites d’implantation du parlement wallon révèle une participation très importante de la population namuroise. Sa préférence exprimée de façon démocratique et massive en faveur d’un projet à la plaine Saint-Nicolas débouche sur une décision politique surprenante : on efface toute référence au concours : le Parlement wallon s’installera dans les bâtiments restaurés du Saint-Gilles’. La citadelle peut respirer et certains de ses éléments font l’objet d’un arrêté de classement. Pour les Amis, année de réflexion et de recentrage autant que possible sur la citadelle, tant dans la revue que dans les activités. C’est que l’avenir de la citadelle est à un tournant des fouilles sont entreprises sur la partie médiévale (donjon et château des Comtes), avant que le plan Konver et une partie de ses subsides européens permettent de financer la restauration de la partie médiévale du site ; l’autorité communale vote des budgets pour la restauration du pont-levis (dit porte de Médiane) et du tunnel de la Grande Garde ; bref, des choses se mettent en place, même si des points d’interrogation subsistent, comme le rôle dévolu au C.A.C. et le contenu précis de projets d’aménagements ultérieurs. Côté voyage : les mordus de la fortification vont à la découverte des remparts, demi-lunes et bastions de la ville du Quesnoy, une des citadelles espagnoles les mieux entretenues du nord de la France et poussent une pointe jusqu’au château de Guise, en voie de restauration. Quant aux artilleurs des Amis de la Citadelle, ils complètent, avec l’aide de subsides communaux et régionaux, leur équipement en uniformes et en matériel : à la foire de Libramont, ils présentent pour la première fois leur canon accouplé à un avant-train, l’ensemble tracté par deux chevaux du beau spectacle applaudi par les nombreux spectateurs.

 

1997 poursuit la politique de recentrage des Amis sur la citadelle, inaugurée l’année précédente. Le projet d’édition d’une plaquette sur la citadelle est longuement discuté, mais ne sera concrétisé que deux années plus tard. Le canon est de plus en plus demandé à l’extérieur : c’est ainsi qu’à la fête nationale, il tire ses salves dans le parc du Palais royal de Bruxelles. Au total : neuf sorties. Deux voyages sont organisés : au printemps, à Compiègne et au château de Pierrefonds ; en août, à Verdun, ses champs de bataille, avec sur le trajet les remarquables églises de Sassey et de Mouzon : tous deux sont unanimement appréciés. L’année se termine par la réalisation de la seconde maquette au 1/72e de Médiane vers 1559, due à un travail méticuleux de recherche et d’élaboration de R. Laloux et J.Ciparisse. La Citadelle connaît quelques événements en sens divers : fermeture (provisoire !) du téléphérique en juin, cure de jouvence pour l’esplanade du stade des jeux mais interdiction d’accès aux gradins, fouilles archéologiques sur l’esplanade de la tour du Guetteur, ouverture de l’Espace archéologique Saint-Pierre.

 

1998 est surtout consacrée à la citadelle et à nos membres : car si le nombre de ceux-ci est en constante diminution depuis quelques années, l’attente des « passionnés et des mordus » de nos vestiges militaires n’en reste pas moins vivace. Plusieurs activités invitent nos adhérents à « monter » à la citadelle, que ce soit pour l’assemblée générale, la fête du printemps au Domaine fortifié, les visites guidées des fouilles de la Région wallonne à la tour du guetteur et une visite au laboratoire du service provincial des fouilles dans l’ancien Etat-major, lors du vernissage de la nouvelle salle de projection de Terra Nova réaménagée par le Comité animation citadelle en même temps que la salle des maquettes. Au centre de celle-ci, la dernière réalisation de nos amis Laloux et Ciparisse. Occasion pour tous ceux qui montent ainsi sur le site de voir que des choses bougent, que des projets commencent à se concrétiser, que beaucoup de choses restent à faire. Au chapitre des sorties, épinglons celle à Ligny et Waterloo, sur les traces « à rebours » de l’armée Grouchy, une merveilleuse balade dans le département du Nord, sur les sites de lancement de V 1 et de V2 (Eperlecques et La Coupole), sans oublier la visite très intéressante à Bouvignes et Poilvache, agrémentée d’un agréable barbecue sur les terres de l’ancienne prévôté namuroise. Deux membres fondateurs de notre association nous ont quittés cette année: André Reumont, passionné de figurines et de vrai folklore, et René Dejollier, à la jovialité sans pareil et à l’érudition sur Namur presque illimitée. Occasion de rappeler aux plus anciens ce week-end ensoleillé des 9 et 10 septembre 1978, où vingt ans plus tôt, pendant deux jours, la citadelle fut envahie pacifiquement par une foule de Namurois et de non-Namurois venus découvrir ce haut-lieu de leur histoire qui domine leur ville, mais dont l’intérieur leur restait bien mystérieux, à défaut d’y avoir été admis en tant que militaire. 1978-1998 : vingt ans depuis les journées portes ouvertes à la citadelle, qui furent à la hase d’un grand élan d’enthousiasme pour le domaine fortifié. Vingt ans années durant lesquelles tous les acteurs de la Citadelle vont découvrir les difficultés que soulèvent l’animation touristique et la sauvegarde d’un patrimoine aussi étendu et ingrat.

 

1999 : année importante pour les Amis qui souhaitent marquer un grand coup en publiant une plaquette consacrée à Namur, une citadelle européenne. Fruit du travail collectif d’une équipe pluridisciplinaire sous la direction de Philippe Bragard, notre association est fière de sortir au début de la saison touristique une plaquette en français et en néerlandais consacrée aux deux mille ans (et plus) de l’histoire de notre merveilleux site militaire. Sa sortie de presse est fêtée avec de nombreux amis à Terra Nova et depuis son succès ne s’est pas démenti, puisque la version française est quasi épuisée. Cette réalisation a dès lors poussé le conseil d’administration à envisager chaque année une publication similaire consacrée à un thème particulier (2000 : Le système d’artillerie Gribeauval ; 2001: Les enceintes de Namur ; 2002 : Namur au XVIIIe siècle ;…). Deux voyages ont ponctué l’année : le premier en Allemagne, à Julich (près d’Aix-la-Chapelle) et le second à Péronne, Amiens et au château de Doulens : deux sorties unanimement appréciées des participants. Même ambiance d’amitié à la fin de la saison, pour une ultime visite insolite des souterrains qui s’est terminée par un barbecue copieux et bien arrosé. Lors de sa dernière réunion en décembre, le conseil d’administration marque son accord pour créer une nouvelle association sans but lucratif, intitulée Les Artilleurs de la citadelle de Namur asbl : les Amis feront cession de leur canon Gribeauval à ce groupe de reconstitution historique : à eux de porter à Namur et hors de Namur le renom de cette pièce d’artillerie bien connue de nos membres et de notre population.

 

2001 : Fin 2000, notre association avait perdu en la personne d’Etienne Baudson. un administrateur qui fut parmi les fondateurs et les plus passionnés des Amis de la citadelle. C’est à ce professeur féru d’histoire namuroise (Images de Namur – 1982) que l’on doit les projets de reconstitution du canon de Gribeauval et d’animation des grands souterrains de Terra-Nova. Pour les plus anciens d’entre nous, son nom reste aussi attaché au challenge interscolaire qui a mené des centaines de jeunes sur les pentes de la citadelle. Lors de l’assemblée générale du 30 mars, Jean Fuchs de Bruxelles nous fait une conférence intitulée Autour des Rêveries du maréchal de Saxe, «rêveries» qui furent un best-seller… de la seconde moitié du XVIIIe siècle, en matière d’art militaire. Pour mémoire, Maurice de Saxe (1696-1750) fut un des grands stratèges de LouisXV et mena les français, entre autre, à la victoire à Fontenoy en 1745. Le 11 juillet 2001, le bourgmestre Jean-Louis Close inaugure le circuit d’interprétation de la citadelle qui permet aux Namurois et aux touristes de découvrir la citadelle et son histoire à travers plusieurs promenades pédestres entre le Grognon et le sommet de TerraNova. Notre association se félicite de cette initiative communale et organise pour ses membres une promenade guidée le 28 août qui se termine par un dernier coup de canon du Gribeauval sur le plateau des affûts. Il n’y a pas de voyage extérieur, mais deux visites intra-muros des hôtels de maître namurois du XVIIIe siècle par l’auteur de ces lignes. Novembre voit la sortie de notre huitième plaquette, Namur 1713-1794 Le siècle des Habsbourg d’Autriche, période pour laquelle la ville garde beaucoup de traces, tant civiles que militaires.

 

2002 : Le début de l’année est assombri avec la disparition d’Alex Humblet, une grande figure de notre site militaire et l’ami de la citadelle de Namur des premiers jours 6. En avril 1975, il avait organisé la remise des clefs de la citadelle fraîchement démilitarisée, au bourgmestre de Namur Lebrun par le ministre de la défense nationale. Après avoir ouvert les portes de Terra Nova à plus de 20.000 namurois en septembre 1978, il assuma jusqu’en 1985 la fonction d’administrateur général du CAC, qui cette année fête ses 20 ans d’existence en tant qu’asbl. La conférence donnée lors de l’assemblée générale de nos membres associés, fin mars, nous emmène le long du cours enchanteur de la Meuse. Vincent Bruch l’intitule En descendant le cours de la Meuse, depuis sa source, jusqu’à Namur. Le conférencier agrémente cette descente de multiples vues d’artistes qui en ont peint les splendeurs et de citations reprises à de nombreux auteurs qui ont mis en exergue notre belle vallée mosane. Le public apprécie beaucoup et se laisse bercer par cette douce langueur propre à notre région sans pour autant s’endormir… Notre association, représentée au sein du Comité Animation Citadelle par plusieurs de ses membres, se réjouit de voir le professionnalisme être à la base de l’animation du site. Mais elle insiste pour que tous les projets futurs respectent son passé de citadelle tout en lui apportant ce plus touristique. Même si leur organisation relève d’une asbl distincte de la notre, des tirs de canon sont effectués chaque dimanche de juillet et d’août au plateau des affûts: de quoi faire sentir la poudre par delà les rives de la Sambre et partager la Cuvée des artilleurs. Le mois de novembre voit la sortie de notre neuvième plaquette, consacrée aux souterrains de la citadelle7. Occasion d’organiser un week-end «découverte» à Terra Nova sur le sujet. En plus de la conférence que présente Philippe Bragard, plusieurs centaines d’adultes, accompagnés d’enfants impatients, peuvent à nouveau plonger dans les entrailles de notre merveilleux site. Pour certains, occasion de se rappeler les souvenirs déjà lointains où toute intrusion dans le domaine fortifié, encore occupé par les militaires, relevait du défi; pour les plus jeunes, découverte d’un sous-sol fascinant et toujours aussi mystérieux. L’année 2002 voit la mise sur pied à la ville de Namur d’une Cellule Citadelle, dont l’objectif avoué est de coordonner les actions sur l’ensemble du site fortifié. Tout doucement on sent poindre le désir de la ville et de son échevin du patrimoine, Jean-Louis Close, de reprendre en mains toute la gestion et l’animation du site, toujours assumées par le CAC.

 

2003 : L’assemblée générale des membres de notre association a lieu le 11 avril à la caserne de Terra Nova. Abandonnant quelque peu la fortification et l’architecture militaire, le président Alex Furnémont aborde trois siècles de constructions civiles et religieuses, entre sièges et paix à Namur, aux temps modernes. Si le XVIIe siècle est marqué surtout par la construction d’un nombre important d’édifices religieux liés à la contre-Réforme, le siècle suivant est celui où la ville de Namur se dote de sa «parure de pierre et de brique» qui constitue aujourd’hui encore le charme de ses quartiers anciens. La saison touristique 2003 démarre sur un concept initié par la ville de Namur: La citadelle prend deux ailes. Le programme comprend de multiples animations sur l’ensemble du site, depuis le Grognon jusqu’au théâtre de verdure et au parc attractif Reine Fabiola. Notre association sœur des Artilleurs de la citadelle et le Comité animation citadelle y créent un événement majeur le premier week-end de juillet, en co-organisant un bivouac pour fêter le bicentenaire de la visite du consul Bonaparte à Namur en 1803. Un spectacle haut en couleurs et sentant la poudre simule la prise de la caserne de Terra Nova par trois cents participants venus de cinq pays. Un spectacle irréprochable dans son organisation, sous un soleil radieux, particulièrement apprécié par les nombreux spectateurs namurois et d’ailleurs qui assistent à cette reconstitution historique. On en redemandera. Pour ne pas faillir à ce qui devient au fil des ans une tradition, les Amis publient en décembre leur plaquette consacrée cette année à l’histoire de la garnison namuroise depuis notre indépendance. Cette présentation de synthèse des divers bataillons belges de toutes armes qui furent pour un temps ou plus longtemps casernés dans notre cité mosane, est due principalement à Jacky Marchal, chercheur passionné et collectionneur averti du passé militaire de notre ville. La présentation de la plaquette par l’auteur et l’équipe de rédaction habituelle aura lieu à l’ancien mess des officiers, rue Rogier, en présence d’un nombreux public civil et militaire. La fin de l’année est quelque peu ternie par le décès, le 17 décembre, de notre ami, Louis Barbier. Membre fondateur de notre association, il assuma au sein de celle-ci, de multiples fonctions, dont celle d’éditeur responsable de ce bulletin. Comme le rappelle Vincent Bruch dans son hommage, son travail de recherche et d’écriture au service de l’histoire laisse près de cent articles dans nos revues. Mais c’est aussi son dévouement, ses compétences et sa soif de connaissance, doublés d’une grande simplicité et d’un enthousiasme pour notre patrimoine, qui resteront dans notre mémoire à tous.

 

2004 : L’assemblée générale du 26 mars permet à un jeune licencié en histoire de l’ULB, Denis Douette, de nous faire découvrir le démantèlement des fortifications de Namur entre 1781 et 1815. Si l’on connaissait déjà les dates de 1782, où Joseph II décrète le démantèlement des places de la Barrière, et de 1803, où Napoléon Bonaparte déclasse un certain nombre de places de guerre, et qui concernaient chaque fois Namur, beaucoup de questions subsistaient quant à l’ampleur de ces décisions sur la disparition de l’enceinte urbaine et des fortifications bastionnées de la ville. L’orateur y répond à partir d’archives, de plans et de desseins et éclaire un public attentif sur une période peu connue… car ayant peu laissé de traces en surface. Ayant assumé durant huit ans la présidence des Amis de la Citadelle, Alex Furnémont demande alors à pouvoir passer le flambeau. Flambeau qu’assume toujours à ce jour Philippe Bragard, secondé par un bureau où l’on retrouve Jacky Marchal à la vice-présidence, Jacques Chainiaux au secrétariat, Dominique François comme trésorier et Vincent Bruch comme membre du bureau. Le nouveau président, professeur d’histoire de l’art à l’UCL et spécialiste de la fortification, donne immédiatement un objectif à trois ans: la commémoration du tricentenaire de la mort de Vauban en 1707, à laquelle notre association devrait prendre une part active. J’y reviendrai dans les lignes qui suivent. Le 6 juin, un voyage dans les villes fortifiées de Bergues et Gravelines, dans le département français du Nord, sous la houlette d’Alex Furnémont et Philippe Bragard, permet une dernière fois à un petit nombre de nos membres de renouer avec les découvertes de sites militaires et autres, tels qu’ils étaient organisés dans les années 90 à la demande générale. L’animation de la citadelle proprement dite continue avec la Cellule Citadelle de la ville sous le thème La citadelle entre deux airs. De nombreuses animations comme la fête du Printemps organisée en mai par le CAC, les Médiévales avec son tournoi de ménestrels et un spectacle de la Malemort en juillet, de nombreuses animations mêlant musique et spectacles de la fête interdite en août s’inscrivent dans l’effort des édiles de la ville pour créer une animation permanente sur le site. Le 10 décembre, sortie de notre nouveau livre, consacré aux multiples sièges qu’a connus Namur… depuis Jules César à 1944 : si certains sont bien connus des lecteurs, d’autres le sont moins. Aussi, chaque siège est-il repris avec une évocation du contexte politico-militaire, l’état de la fortification namuroise à l’époque, un bref historique retraçant les péripéties du siège ainsi que l’évocation éventuelle d’un personnage s’y rapportant ou d’une anecdote. Avec cette onzième publication, les Amis éditent une gravure du siège de 1695, publiée à Amsterdam et dont une des particularités est d’inverser la perspective de la citadelle: le château des comtes et l’église Saint-Pierre y surplombent les fortifications de Terra Nova! À l’automne, une polémique typiquement namuroise se lève au sujet de l’abattage d’arbres sur les coteaux de la citadelle. L’association, par la voix de son président, rappelle qu’il y a trop de végétation sur les flancs du Champeau, ce qui nuit à la conservation et à la visibilité du monument. Elle ne s’oppose donc pas à l’abattage sélectif d’arbres, tel que le propose la ville. Enfin, l’année 2004 se clôture avec le feu vert donné le 15 décembre par le Conseil communal de Namur à un projet de création d’une Régie communale pour la gestion de la citadelle. Cette régie regroupera la cellule citadelle existante de la ville et reprendra une grande partie des activités de l’actuel Comité animation citadelle(CAC), présidée par Jacky Marchal et où siègent encore plusieurs membres de notre association. La mise sur pied de cette régie communale dans les mois qui suivront, marquera l’effacement progressif du CAC après 25 ans de réalisations et d’animations, même si ce fut souvent avec des moyens limités et beaucoup de générosité de ceux qui s’y démenèrent pour animer le domaine fortifié de Terra Nova.

 

2005 : L’assemblée générale statutaire du 25 février montre une équipe soudée qui regroupe autour du président, six administrateurs et sept membres associés. Venant de quatre-cent-cinquante-trois en 1998, le nombre des membres effectifs avait connu son minimum en 2002 avec trois-cent-un affiliations. Fin 2004, ce chiffre était remonté à trois-cent-cinquante-quatre. Toutefois Philippe Bragard reste optimiste. Mais la réduction des forces vives oblige à recentrer nos activités sur les publications, la préparation de l’année Vauban, tout en limitant nos participations sur le site à des activités du type «bivouac» si elles étaient rééditées. La conférence Autour du général de Howen à Namur, lors de notre assemblée générale des membres effectifs du 28 avril, permet à Vincent Bruch de montrer les admirables desseins et aquarelles de ce général hollandais qui séjourna quinze ans durant à Namur (1815-1830). À travers sa vision poétique et romantique de Namur et de ses environs, c’est tout un album de vues et de quartiers anciens, souvent disparus aujourd’hui, que l’orateur nous permet de redécouvrir. Côté animation site, la Régie citadelle est enfin sur pied… mais le CAC n’est pas encore mort. Dès le printemps, la citadelle prend deux ailes… se met au verre à la suite de Blanche de Namur, des trolls et des artistes forains. L’été voit le retour des Médiévales et de multiples activités sur le thème du Moyen âge. La fin octobre invite Halloween à la citadelle. Même si le rythme de publication est devenu quelque peu irrégulier suite à l’édition de plaquettes plus denses, le bulletin périodique des Amis de la citadelle de Namur voit son compteur progresser au fil des années. C’est ainsi que le no 100 est édité avec la date de juillet- août- septembre 2005. Outre l’éditorial du président, il est essentiellement consacré à une étude très poussée de Jacky Marchal sur les Panoramas, ce genre artistique né au milieu du XIXe siècle et qui place le spectateur au milieu de l’action représentée tout autour de lui. Namur en possédait un qui était visible à la citadelle et dévolu à la bataille de la Meuse d’août 1914. Imperturbablement, l’équipe de rédaction se réunit et publie. C’est ainsi que le 25 novembre sort un treizième ouvrage, pour une fois sans quadrichromie, mais en noir et blanc. Il s’agit de montrer la citadelle telle que nous la connaissons encore aujourd’hui à travers d’anciennes cartes postales, accompagnées d’un commentaire exhaustif précisant la date, le lieu quand il n’est pas évident et surtout un historique fort documenté lié à la photographie sous rubrique. Indispensable pour qui veut connaître l’histoire de la citadelle namuroise pendant ces quatre-vingts années.

 

2006 : En ce début d’année, plusieurs points sont étudiés par notre conseil d’administration. Tout d’abord, que deviennent les Amis au sein des modifications structurelles sur le site de la citadelle? Avec la mise en place de la Régie citadelle par la ville de Namur et l’effacement quasi total du Comité animation citadelle, les choses bougent mais sans une réelle politique culturelle cohérente à moyen sinon à long terme… Des chantiers multiples avancent tant bien que mal, mais sans plan directeur d’envergure. Certes des choses positives sont à épingler, comme les Médiévales de juillet dernier qui ont attiré, plus de 16.000 personnes sur le site. Par ailleurs, notre association quitte son local des Affûts pour un nouveau local à l’étage de la caserne de Terra Nova… du moins lorsqu’il sera aménagé, ce qui sera réalisé à la fin de l’année. Nos maquettes au rez-de-chaussée doivent être déplacées dans une nouvelle salle, qui au départ, devait aussi accueillir la copie du plan de Larcher d’Aubencourt installé au Musée archéologique. Nous savons aujourd’hui qu’il n’en sera rien. Fin 2007, la salle des maquettes n’est toujours pas redéployée… Enfin, l’année Vauban approche à grand pas, avec ses multiples activités locales et externes qui solliciteront grandement les membres de notre conseil et tout particulièrement son président. L’assemblée générale du 24 mars nous rassemble pour écouter Jacky Marchal nous parler de quelques maisons sises rue du Collège et rue Fumal, de leurs habitants, les Posson et autres familles, qui ont marqué la vie namuroise pendant plusieurs siècles. Ces maisons ont été rachetées et restaurées par la province de Namur. Ses recherches avaient fait l’objet d’une co-publication par la Société archéologique de Namur et le Service de la culture de la province de Namur. Avec l’évolution des moyens informatiques et technologiques de l’information, notre association se devait de disposer d’un site web. Voilà qui est fait depuis le 25 mars 2006 à l’adresse suivante : www.namurcitadelle.be. Merci à Dominique François pour ce passage à l’ère électronique. Le 8 octobre et durant les semaines qui suivent, on assiste à un petit séisme dans la vie politique namuroise, suite aux élections communales et au rejet dans l’opposition de la famille socialiste. Notre association est par définition apolitique: mais depuis sa création, elle n’avait connu en quelque sorte qu’un seul interlocuteur en la personne de Jean-Louis Close, tout d’abord comme bourgmestre de la cité, puis comme échevin du patrimoine et de la citadelle. Sa forte personnalité a marqué l’histoire récente de notre cher patrimoine militaire: nous voici donc partis avec un nouveau collège et un nouvel échevin chargé de la citadelle, bien décidé lui aussi à mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel de la Wallonie… et pourquoi pas en proposant son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Par la voix de son président, notre asbl souhaite pouvoir continuer à travailler, en tant qu’association de bénévoles ayant acquis une certaine expertise sur ce site monumental, avec la nouvelle équipe au pouvoir. Continuant la parution de plaquettes consacrées à l’histoire militaire de notre cité au sens large, notre association sort en décembre un quatorzième livre consacré au siège de Namur en août 1914. Après avoir exposé le contexte international et local et rappelé les forces en présence, le livre expose la situation au jour le jour, autour et dans Namur, tant du point de vue des militaires que des civils, pour enfin rappeler les conséquences de ce siège de la PFN qui dura du 18 au 25 août. Le même jour, un livre intitulé Le grand feu de Bouge sort également de presse. Notre équipe de rédaction, sous la coordination de Dominique François réalise une petite plaquette à l’occasion des cinquante ans de la confrérie du grand feu de Bouge. Cet ouvrage rencontre un grand succès : un an après, près de 1.500 exemplaires sont vendus.

 

2007 : Enfin vient l’année Vauban. Notre association se devait de fêter dignement le tricentenaire de la mort de ce génial ingénieur des fortifications et maréchal de France, meneur du siège de Namur en 1692, sous les yeux du Roi-Soleil lui-même. Pour ce faire, nos membres ont droit à la projection de deux documentaires, dont l’un en avant-première, lors de l’assemblée générale qui a lieu le 30 mars, date anniversaire du décès de Vauban. De plus, ils reçoivent la dernière publication consacrée aux villes de l’entre Sambre et Meuse que le génie de Vauban marqua d’une trace réelle ou moins évidente. Cette publication, de même que le contenu des tableaux d’une exposition itinérante, est le fruit d’une collaboration élargie d’auteurs, sous la conduite scientifique de notre président et grâce aux compétences techniques de notre trésorier. Cette exposition a été visible à Terra Nova entre le 6 juillet et le 31 août. Deux conférences sur Vauban sont au programme: la première, le 18 avril, par Philippe Bragard sur le thème Vauban et la fortification; la seconde, le 4 octobre, par Etienne Rooms professeur à l’Ecole royale militaire, sur les campagnes de Louis XIV dans les Pays-Bas méridionaux entre 1667 et 1697. En un temps record, notre asbl doit répondre à une demande de la Fédération du tourisme de la province de Namur, qui souhaite mettre sur pied un circuit GPS intitulé dans les pas de Vauban entre Meuse et Ardenne, entre Namur et Rocroi, en passant par Philippeville et Mariembourg, Givet et Dinant. Enfin, cerise sur le gâteau, notre association participe aux Journées du Patrimoine en Wallonie, dont le thème est celui du patrimoine militaire, en organisant le dimanche 9 septembre, la visite du fort Balart à Bouge. Située sous une villa privée, cette casemate conçue et construite par Vauban entre 1692 et 1695 est une fortification extra muros assez méconnue du grand public, et dont la (re)découverte, sous la guidance de membres de notre association, connaît un beau succès de foule. Au terme d’une année Vauban plus que chargée, le bilan s’avère donc très positif. Car notre association voit son orientation vers la recherche historique prise il y a quelques années déjà, confirmée et reconnue. Plusieurs fois déjà il a été fait appel aux compétences de l’équipe menée par le professeur Bragard qui anime une équipe de passionnés d’histoire locale et de passé militaire. Nous resterons toutefois modestes vu nos limites en temps et en personnes, car les Amis de la citadelle de Namur restent une association de bénévoles animés par une même passion. Notre association se réjouit de voir également la ville et la Régie Citadelle investir le site tout au long de la saison touristique, que ce soit par des visites guidées, une pièce de théâtre en plein air, la reconstitution historique de l’assaut d’un fossé du siège de 1692 et la présence du campement à l’époque du grand Siècle par la compagnie de la Licorne. L’année 2007 s’achèvera en apothéose, tel un feu d’artifice un soir de fête, celui des fêtes de Wallonie… avec sur le fond de la toile : la citadelle de Namur, le Grognon, la Meuse et la Sambre…

 

VISITER

Préparer votre visite de la citadelle de Namur

LA BOUTIQUE

Notre boutique, pour acquérir livres, revues et s'abonner